A l’age de 6 ans, Stéphane commence à perdre la vue au moment de l’apprentissage de la lecture. Il est alors orienté vers un établissement spécialisé avant de retourner dans un milieu scolaire "ordinaire" au collège. Stéphane répète souvent qu’il y a trois catégories de métiers pour les non-voyants, en fonction du niveau scolaire : ostéopathe, accordeur de piano ou rempailleur de chaise… Malgré l’obligation de poursuivre une formation il ne perd pas de vue sa passion : le sport.  Aujourd’hui, son métier n'est peut-être pas celui qu'il aurait choisi seul, mais il réussit à s'épanouir en alliant sport et travail comme le montre notre documentaire. Et c’est non sans fierté qu’il aime rappeler qu’il est le seul ostéopathe malvoyant à exercer sur des tournois sportifs internationaux. Lors de son passage sur le circuit du Superbike au Mans, Stéphane retrouve d’ailleurs le Champion de France de Side Car après sa victoire.  Habitué des grandes compétitions, il prépare d’ailleurs les jeux paralympiques de Rio en tandem. Son handicap est petit à petit devenu sa force.
Stéphane
Née dans un bidonville de Casablanca, Wahiba arrive en France quelques semaines après sa naissance avec sa mère qui suit son père ouvrier dans le domaine du textile. Vers l'âge de 18 ans, Wahbia est "frappée" par un décollement de la rétine d'un œil puis du second alors qu'elle envisageait de se lancer dans des études de psychologie. "J'ai très vite compris que ma différence pouvait être une force. J'ai donc entrepris de reprendre mes études mais face à la méconnaissance liée au handicap, je me suis tout de suite tournée vers la formation à destination d'un public déficient visuel." Très vite, Wahiba devient responsable régionale de l'UNADEV ( Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels de la région des Hauts de France. Au quotidien, la jeune femme essaie de développer de nouveaux services à proposer aux malvoyants par le biais de partenariats, comme elle le fait avec le Théâtre de Lille dans ce documentaire. Mais, surtout, Wahiba met un point d'orgue à sensibiliser le grand public, les institutions et les entreprises à ce handicap mal connu d'une grande majorité des Français.  En 2014, étonnée de constater l'absence de personnes souffrant d'un quelconque handicap dans les médias, Wahiba décide de proposer ses services en tant que chroniqueuse télévisée chez France 3 Nord-Pas-de-Calais. Depuis, chaque semaine elle anime une chronique sur le handicap dans l’émission Nord-Pas-de-Calais matin. Une manière pour elle de casser les préjugés et surtout, de faire "bouger" les choses.
Wahiba
"Je ne rencontre dans ma pratique professionnelle aucune difficulté sur le plan humain comme le contact avec mes patients. En revanche, les contraintes administratives représentent un obstacle insurmontable si je n’ai pas une assistance humaine (compabilité, URSSAF, lecture des mes courriers manuscrits)."
Selon la définition officielle de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un handicap sensoriel «résulte de l’atteinte d’un ou plusieurs sens». Il se caractérise majoritairement par des incapacités issues d’une déficience auditive ou visuelle. Le handicap visuel est très mal connu du grand public. Il désigne tous les troubles liés à la vue. Selon l’OMS, il faut différencier la malvoyance et la cécité. Ces deux handicaps sont provoqués par diverses maladies et peuvent prendre des formes très variées. La malvoyance comprend la déficience visuelle moyenne et sévère. Ce handicap entraîne une gène chez la personne atteinte. La cécité est divisée en trois catégories (de la plus faible à la plus importante) : la déficience visuelle profonde, la cécité presque totale et la cécité absolue. On parle de cécité lorsque la personne n’a plus l’usage d’au moins un oeil. Sur 12 millions de Français porteurs d’un handicap, 2 millions sont déficients visuels dont 60 000 non-voyants (environ 14% selon http://www.onisep.fr/). EndFragment
Julie Galeski  Charlotte Zipper